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mardi 27 juin 2017

Ombrelles et parapluies en quelques images



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"Femme à l'ombrelle" de Claude Monet



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Voici une huile sur toile peinte par Claude Monet (1840-1926) en 1875, intitulée « La Promenade » ou « La femme à l’ombrelle ».

Aujourd’hui célèbre, elle passa presque inaperçue lors de sa présentation publique à la Deuxième exposition impressionniste de Paris, en 1876. Elle faisait partie d’un lot d’une vingtaine d’œuvres de Monet, peintes pour l’occasion. Le tableau représente la première femme du peintre, Camille Doncieux, en compagnie de leur jeune fils de 7ans, Jean. C’est pourquoi, l’oeuvre est également connue sous le titre de « Madame Monet et son fils ».  Le tableau a été réalisé en extérieur dans les environs d’Argenteuil, à la belle saison, vraisemblablement en une seule séance.  

Ce qui frappe à prime abord dans cette œuvre, c’est la chaleur de sa lumière. Camille est comme  nimbée de cette clarté. Son contour se découpe subtilement sur un ciel d’un bleu profond, aux nuages clairs, qui semblent réfléchir les rayons solaires sur les deux personnages, les mettant ainsi en valeur. Ils apparaissent plein de vie, et Camille, malgré la finesse de sa constitution, s’impose au regard. Des touches chaleureuses tirant sur le jaune amènent un sentiment de paix, de rondeur et d’harmonie.

Le vent souffle : les rubans du chapeau de Camille volent avec légèreté devant son visage et donnent une impression de mouvement. On le vérifie également dans la position générale de sa longue jupe plissée, le fait qu’elle se soulève à l’avant gauche, ainsi que dans les herbes qui ploient  vers la gauche du tableau.
Camille semble s’être tout juste retournée pour regarder Monet. Jean se trouve en second plan, rougeaud, lui aussi extrêmement attentif. Comme le font souvent les enfants en promenade, il devait courir à l’avant lorsque la scène a été figée par le peintre. L’œuvre ressemble donc à un portrait instantané, pris sur le vif, une sorte de polaroïd à l’huile. D’ailleurs, la tête légèrement penchée vers l’avant de la jeune femme parle dans ce sens : cette attitude pleine de naturel et de spontanéité tranche avec les portraits académiques où le sujet adopte une pose par trop rigide. Elle donne ainsi l’impression fugace qu’elle ne va pas tarder à nous tourner le dos pour poursuivre sa ballade.

Camille fut le modèle favori de Monet. Il l’a souvent représentée dans ses œuvres, jusqu’à son décès prématuré suite à un douloureux cancer de l’utérus, en 1879, 4 ans après avoir peint cette toile.  Elle avait 32 ans et avait donné naissance à deux enfants. « La promenade » symbolisait certainement aux yeux de Monet, l’époque où ils étaient encore réunis. L’artiste fut très affecté par la disparition de Camille. Mais il trouva un indéniable réconfort dans les bras d’Alice Hoschedé, l’épouse de son mécène  et ami. En effet, depuis 1878, Alice vit sous le même toit que les Monet à Vétheuil, avec ses 6 enfants. Cette femme de caractère, délaissée par un mari ruiné et absent, s’occupa de Camille jusque sur son lit de mort. 

Possessive et rongée par une jalousie maladive, Alice exigea la destruction de toutes les photos et lettres de Camille après sa disparition. Heureusement pour la postérité, un portrait de 1871, pris en Hollande, en réchappa … 

Après le décès du mari d’Alice en 1892, elle devint officiellement et en toute discrétion la seconde épouse de Monet, après 14 ans de vie commune. Faut-il préciser que ce mode de vie, atypique en ce temps, était particulièrement mal vu et contraire à la bienséance…

Mais revenons un peu en arrière. En été 1886, alors qu’il s’était installé à Giverny avec Alice, Monet décida de représenter la fille de cette dernière, Suzanne Hoschedé, âgée de 18 ans. Il réalisa deux tableaux  peints sur le vif, en extérieur, sur l’Ile aux Orties (Commune de Giverny). Exposés en 1891 sous le titre « Essai de figure en plein air », ils seront mieux connus sous le nom de « Femme à l’ombrelle tournée vers la droite » et « Femme à l’ombrelle tournée vers la gauche ».

Attardons-nous d’abord sur  la « Femme à l’ombrelle tournée vers la droite » :

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Eh oui… La similitude de cette œuvre avec  « La promenade », peinte 10 ans plus tôt, est frappante : même cadrage en contre-plongée, décor semblable, même ombrelle, robe  longue de couleur blanche, petit chapeau également, et le vent qui souffle toujours. Je constate pourtant une petite anomalie : le vent souffle de droite à gauche, mais les herbes semblent plutôt inclinées du côté droit… étonnant, n’est-ce pas ?
Nous sommes ici en plein impressionnisme. Le peintre va au-delà de la stricte réalité, pour exploiter le ressenti, suggérer avec des jeux de lumière et de couleur.  Ainsi, La jeune femme n’a pas de vrai visage. Pourtant, le subtil ombrage des yeux et de la bouche, la tête légèrement inclinée, me donnent le sentiment d’une certaine bienveillance, qu’on ne peut appuyer sur du concret.
Suzanne a-t-elle rappelé Camille à Monet ? C’est à peu près certain. Notez qu’il n’a pas complètement dépersonnalisé son jeune modèle, certains détails de ce tableau n’apparaissant pas dans « La promenade » : elle a une longue tresse (comme la plupart des femmes de cette époque, Camille devait aussi avoir une tresse, qu’elle coiffait en chignon), une fleur rouge à la hanche et un long foulard qui flotte généreusement au vent. Les effets de lumière marqués, conjugués à ce visage flouté, suggèrent  une présence quelque peu irréelle, et pourtant d’une grande intensité.  La femme semble être en attente, le regard tourné vers le peintre.

Voici « La femme à l’ombrelle tournée vers la gauche » :
Autre pose, même principe que dans « La femme à l’ombrelle tournée vers la droite ».

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Le vent souffle tout autant, mais les herbes sont maintenant couchées du bon côté. .. La femme est légèrement penchée en avant, comme si elle était poussée par derrière. Elle ne regarde plus Monet. Son regard, qu’il nous faut inventer, semble se perdre au loin. Sa longue tresse est à peine suggérée derrière son cou. Vous remarquerez que sa silhouette se rapproche maintenant  beaucoup plus de celle de Camille dans « La promenade ». Le visage n’est plus qu’une ébauche grossière, qui semble avoir été rapidement réalisée. Pareil pour la main qui tient l’ombrelle. D’ailleurs, la couleur de cet avant- bras droit est surprenante : trop peu nuancée, trop foncée. « Bien entendu, il se trouve à l’ombre ! », me direz-vous peut-être. Mais cette explication ne convainc pas entièrement lorsqu’il s’agit d’un artiste aussi sensible et talentueux que Monet. Ce membre ressemble à un bout de bois sans vie, contrairement au bras gauche qui lui, a conservé son aspect naturel. Même son positionnement est maladroit: l’articulation du coude est trop basse au regard de la taille. Que voulait transmettre Monet ? Le souvenir de Camille était-il en train de s’estomper, de s’éteindre peu à peu ? Il est vrai que contrairement au tableau associé, elle paraît s’être détournée du peintre, ses pensées semblent ailleurs. Monet n’existe plus pour elle.  Dix ans après son décès, le peintre était peut-être enfin prêt à la laisser définitivement partir…

Cet été 1886, l’artiste réalisa encore un autoportrait. Puis quelques portraits de ses deux enfants et de ceux de sa compagne. Il se tourna ensuite résolument vers le paysage. 




le Wagasa, l'ombrelle japonaise



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130 millions de parapluies sont vendus chaque année au Japon, soit plus d’un par habitant. Fabriqués en tissus, en plastique transparent ou avec des motifs imprimés, ils protègent de la pluie mais aussi du soleil. Les japonaises, coquettes et soucieuses de leur peau, les utilisent au moindre rayon de soleil pour se protéger et conserver la blancheur de leur peau.

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Mais si le parapluie moderne est avant tout utile, son ancêtre, l’ombrelle, apparue à la fin du 16ème siècle, est aujourd’hui un objet surtout esthétique. Toujours utilisée dans les mariages, lors de la cérémonie du thé ou dans les pièces de théâtre de Kabuki, le « wagasa » – l’ombrelle japonaise – reste une image forte du Japon. Admirée pour sa beauté et la finesse de sa fabrication, le wagasa est fabriqué en bambou et en papier washi – le tout aussi célèbre papier japonais.

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Si l’objet conserve un aspect pratique, il est aussi, et depuis bien longtemps, utilisé comme un accessoire de mode. Le wagasa protège du soleil mais peut aussi être un superbe objet décoratif. Ornée de motifs traditionnels, l’ombrelle japonaise peut également être disposée avec raffinement à même le sol comme un objet de décoration,comme dans les jardins de l’hôtel Hoshino Resorts Aomoriya.

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À l’arrivée de l’été, les jardins qui bordent la maison de thé du parc de l’hôtel se parent d’ombrelles colorées, éclairées à la nuit tombée par des lanternes posées juste en dessous.

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Le résultat est du plus bel effet et procure une certaine féerie qui pousse à prolonger sa balade nocturne dans les allées du parc. Un moment à part, empreint de romantisme et de poésie…



Un parapluie ou un parasol artisanal, le Wagasa a été élaboré à partir de bambou et de Washi étant du papier japonais fabriqué à base de riz. Nécessitant un travail méticuleux – et c'est normal comme c'est un objet de luxe et un très bon accessoire de mode –, la réalisation n'est pas facile et peut durer des mois, mais le résultat obtenu est tout sauf mauvais.


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Comment fabriquer le Wagasa ?


— Coupez le bambou en bâtonnets fins et assurez-vous qu'ils aient la même épaisseur, comme c'est ceux-ci qui vont former le parapluie. Normalement, un Wagasa compte 48 bâtons.
— Teintez ensuite les bâtons avec votre couleur préférée.
— Façonnez l'anneau coulissant permettant d'ouvrir et de fermer l'ombrelle et la pièce à fixer au sommet de celle-ci.
— Installez les deux préparations sur le mât en bambou.
— Assemblez les armatures du parapluie sur l'anneau et la pièce fixe.
— Collez le papier Whasi sur les baleines supérieures avec de la colle imperméable.
— Appliquez de l'huile sur le papier et séchez-le au soleil.
— Laquez le Wagasa, puis séchez-le.
— Pour une bonne mobilité du parapluie, ajustez du fil sur les baleines inférieures.
— La finition dépend de la préférence de chacun. Le Wagasa peut être peint à nouveau si la couleur d'origine du papier Washi ne vous plait pas.
 

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Le Wagasa comprend de nombreux styles, mais les plus populaires sont certainement la Janome, la Bangasa, la Maigasa ou la Buyôgasa, et la Nodategasa.
La Janome et la Bangasa ont le même style avec ce cercle blanc tel un œil-de-serpent sur le dessus de l'ombrelle. Mais ce qui différencie l'un de l'autre est sur la résistance et la grandeur. Alors que la Bangasa est plus pesante et résistante, la Janome est tout le contraire.
En ce qui concerne la Magaisa, elle est certainement la plus petite et la plus légère de tous les Wagasas comme c'est un accessoire de danses classiques et traditionnelles japonaises.
Quant à la Nodategasa, surnommée aussi le roi des Wagasas, elle est fabriquée à partir de matériaux de qualité et c'est sans aucun doute le plus beau de tous les Wagasas. La Nodategasa est surtout privilégiée lors des fêtes et cérémonies traditionnelles japonaises.